

| A la fleur de l'âge - Samuel-Joseph Agnon Gallimard (2003)
La jeune Tirtza a vu sa mère Léa brûler une liasse de lettres, peu de
temps avant sa mort, " à la fleur de l'âge ". Inconsolable, Tirtza
cherche à comprendre le destin de sa mère, sa mélancolie, sa mort
prématurée, et le mystère des lettres. Elle se tourne alors vers
Mintchy, la meilleure amie de sa mère, et, petit à petit, une autre
histoire surgit : celle de l'amour de Léa pour Akavia Mazal,
intellectuel viennois échoué dans cette bourgade aux confins de
l'empire austrohongrois, à qui le père de Léa a refusé la main de sa
fille. Derrière l'apparente simplicité des mots d'une jeune fille
endeuillée, A la fleur de l'âge s'impose comme un livre inoubliable sur
l'amour et la souffrance humaine, alliant une réflexion sur le destin
et le conflit entre tradition et modernité à une langue d'une grande
beauté, puisée aux sources bibliques. A la fleur de l'âge est
assurément un joyau légué à la littérature mondiale.
| Les Arabes dansent aussi - Sayed Kashua Belfond (2003)
En Israël, de 1948 aux années 90. Les Arabes dansent aussi, c’est
l’histoire d’un gamin arabe israélien de Tira, un village de Galilée.
Tandis que sa grand-mère l’élève dans la respect des traditions, son
père, ancien membre du parti communiste souvent absent, tente de lui
inculquer son sens viscéral de l’honneur. Elève
brillant, il bénéficie d’une bourse exceptionnelle pour aller étudier
dans un pensionnat de Jérusalem. Humilié par ses camarades juifs, il
s’efforce dès lors de leur ressembler, imitant leur accent, leur
manière de manger, de s’habiller et apprenant à aimer leur musique
jusqu’au jour où, éconduit par la jeune fille juive dont il est tombé
amoureux, il sombre dans une grave dépression dont il ne guérira
jamais. Adulte, il s’installe dans la banlieue de Jérusalem, dans un
village coupé en deux. Après avoir entrepris de vagues études de phi,
il enchaîne les petits boulots, se marie avec une jeune femme de son
village natal et sombre dans l’alcoolisme. En quête d’une réponse sur
son identité, il se tourne en vain vers la religion - son pèlerinage à
la Mecque est un échec retentissant- avant de retrouver sa maison
natale…
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| Badenheim 1939 - Aharon Appelfeld Ed. de l'Olivier (2007)
À
Badenheim, le printemps est un moment de transition : les ombres de la
forêt battent en retraite, la lumière se répand d’une place à l’autre
et les rues s’animent en prévision de la saison estivale. Mais en cette
année 1939, tandis que les premiers vacanciers déposent leurs bagages à
l’hôtel, que Papenheim et son orchestre arrivent pour le festival de
musique, que Sally et Gertie, les prostituées locales, flânent dans
l’avenue, deux inspecteurs du service sanitaire passent devant la
pâtisserie couverte de fleurs.
« Qu’est-ce qu’ils nous veulent ? demande un homme à un autre qui vient de s’enregistrer comme juif au service sanitaire.
- C’est difficile à comprendre. »
Ainsi
commence ce récit d’une sinistre métamorphose : celle d’une station
thermale fréquentée par la bourgeoisie juive en antichambre de la «
délocalisation » vers la Pologne. -- Arlette Pierrot
| Histoire d'une vie - Aharon Appelfeld Ed. de Olivier (2004) «
Où commence ma mémoire ? Parfois il me semble que ce n’est que vers
quatre ans, lorsque nous partîmes pour la première fois, ma mère, mon
père et moi, en villégiature dans les forêts sombres et humides des
Carpates. D’autres fois il me semble qu’elle a germé en moi avant cela,
dans ma chambre, près de la double fenêtre ornée de fleurs en papier.
La neige tombe et des flocons doux, cotonneux, se déversent du ciel. Le
bruissement est imperceptible. De longues heures, je reste assis à
regarder ce prodige, jusqu’à ce que je me fonde dans la coulée blanche
et m’endorme. »
Avec Histoire d’une vie, Aharon Appelfeld nous
livre quelques-unes des clés qui permettent d’accéder à son œuvre :
souvenirs de la petite enfance à Czernowitz, en Bucovine. Portraits de
ses parents, des juifs assimilés, et de ses grands-parents, un couple
de paysans dont la spiritualité simple le marque à jamais. Il y a aussi
ces scènes brèves, visions arrachées au cauchemar de l’extermination.
Puis les années d’errance, l’arrivée en Palestine, et le début de ce
qui soutiendra désormais son travail : le silence, la contemplation,
l’invention d’une langue. Et le sentiment de l’inachèvement lié au
refus obstiné de l’autobiographie, dans son acception la plus courante
: histoire d’une vie. Comme si le dévoilement de ce que chacun a de
plus intime exigeait une écriture impersonnelle. -- Valérie Zenatti
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| Mari et femme - Zeruya Shalev Gallimard, 2000
Il y a d'abord cette écriture, profondément originale ; elle file de
virgule en virgule, accroche en quelques mots une profusion de détails,
saute d'une pensée, d'une émotion à l'autre. Il y a ensuite une
formidable vérité dans la transcription de tous ces sentiments
controversés qui se bousculent dans l'ordinaire des relations humaines.
Elle décrit comme personne cette vie de couple qui passe en un instant
du ciel au précipice. Elle raconte ces merveilleuses connivences si
vite évaporées, puis tous les signes minuscules auxquels on s'accroche
pour conjurer la peur ou le chagrin de l'absence. Elle trouve les mots
justes et pudiques pour dire la crudité du désir, les vagues de
l'amour. La trivialité du quotidien devient ici un vrai roman
d'aventures. C'est donc que l'on a affaire à de la littérature. --Pierre Sorgue Naama et son mari Oudi ne sont ni heureux ni malheureux. Une vie de
couple bien réglée, une fille de dix ans, des métiers satisfaisants,
guide touristique dans le désert pour lui et assistante sociale pour
elle. Une vie ordinaire, en apparence. Jusqu'à ce matin où Oudi ne
parvient pas à se lever. Ses jambes ne lui obéissent plus, ses membres
inférieurs sont paralysés. Lorsque le verdict des médecins tombe - le
trouble est de nature psychosomatique-, la mécanique de leur existence
s'est déjà déréglée de manière irréversible. Mari
et femme semble s'attacher à un sujet classique, à savoir la lente
décomposition d'un couple, mais sous l'écriture de Zeruya Shalev, qui
épouse le flux et reflux de la pensée de sa narratrice, nous sommes
entraînés dans un chaos émotionnel qui fait fi de l'ordre chronologique
des événements et transforme la lecture en une course haletante.
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Meurtre sur la route de Bethléem : une enquête du commissaire Michaël Ohayon - Batya Gour Gallimard (2006)
Des ouvriers palestiniens qui travaillaient dans l'un des plus anciens
quartiers de Bethléem trouvent, sous les toits d'une maison vide, dans
la poussière, le corps d'une jeune femme défigurée à coups de planche.
Plus de sac à main. Pas d'argent. Personne ne la réclame. Le quartier
ne sait rien... Michaël Ohayon, sur fond de deuxième Intifada, de
barrages incessants et de violences civiles, va découvrir au fil de son
enquête l'un des secrets les plus enfouis de l'histoire d'Israël. Des
faits inavouables qui marquèrent de leur indélébile sceau des familles
entières. La haine se construit aussi sûrement que le reste. La victime
en est morte. Elle était séfarade.
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| Seule la mer - Amos Oz Gallimard, 2002
Albert Danon est seul. Sa femme Nadia vient de mourir d'un cancer, et
son fils Rico est parti au Tibet. Bettine, une vieille amie, veuve elle
aussi, s'inquiète pour Albert. Surtout lorsque Dita, la petite amie de
Rico, emménage chez lui. Un certain Doubi Dombrov veut produire le
scénario de Dita, mais il veut surtout Dita. Qui couche avec Guigui, en
pensant à Albert, ou à Rico. Qui pense à sa mère; et ne veut pas
rentrer du Tibet. Un chassé-croisé de voix et d'histoires que le
narrateur, affranchi de toute contrainte formelle, tisse, tout en nous
parlant de lui, en un poème bouleversant qui se lit comme un roman - ou
est-ce un roman qui se lit comme un poème ? - pour serrer au plus près
la quintessence de nos vies, le désir, la nostalgie d'un bonheur perdu,
la mort qui nous cueille. Un livre inclassable d'une beauté sauvage, en un mot, une Oeuvre inoubliable. | | Tu seras mon couteau - David Grossman ; Rosie Pinhas-Delpuech Seuil (2000) Lors d'une réunion des anciens diplômés, Yaïr aperçoit une inconnue qui
éveille en lui un désir irrépressible : correspondre par écrit. "Ne
crains rien, je ne veux pas te rencontrer ni te déranger dans ta vie
quotidienne mais je voudrais que tu acceptes de recevoir des lettres de
moi." Tu seras mon couteau
est une exhortation à l'écriture, une invitation à découvrir et à aimer
l'Autre uniquement par le pouvoir des mots. "Myriam, si ce que je
ressens pour toi est vrai alors peut-être que même une année sera de
trop." Yaïr, qui fixe les règles de cette correspondance en proposant à
Myriam une date butoir, prône une complicité et une confiance absolue
pour atteindre au plus près la vérité de soi et de l'Autre. Une
histoire d'amour se dessine et s'épanouit au fur et à mesure qu'avance
la narration. Des lettres de Myriam nous ne connaissons que quelques
bribes serties du monologue épistolaire de Yaïr, pour qui l'acte
d'écrire apprivoise l'absence et adoucit l'impatience. Il s'agit d'un
récit sous forme de lettres dont l'ultime voix est celle de l'homme qui
s'interroge, s'expose et se dénude. --Nathalie Jungerman | 

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| Une histoire d'amour et de ténèbres - Amos Oz Gallimard (2004)
"Tu veux jouer à inventer des histoires ? Un chapitre chacun ? Je
commence ? Il était une fois un village que ses habitants avaient
déserté. Même les chats et les chiens étaient partis. Et les oiseaux
aussi. " Le petit garçon qui joue ainsi à inventer des histoires à la
demande de sa mère est devenu un grand romancier. Sa mère n'est plus
là, mais il tient malgré tout à poursuivre le récit de l'existence
tumultueuse de sa famille et de ses aïeux. De Jérusalem, où il est né,
il retourne en Ukraine et en Lituanie, et fait revivre tous les acteurs
de cette tragi-comédie familiale. Leurs vies sont parfois broyées par
la grande Histoire et toujours marquées par leurs propres drames
intimes, illusions perdues et rêves avortés. Au cœur d'une narration
riche, d'une ampleur et d'une puissance romanesques jusque-là inconnues
dans l'œuvre d'Amos Oz, la disparition tragique de la mère demeure la
question à laquelle ce roman cherche une réponse. Une histoire d'amour
et de ténèbres est un livre bouleversant où l'histoire d'un peuple et
la vérité d'un homme se confondent.
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| Un feu amical - Avraham B. Yehoshua Calmann-Lévy (2008) Yaari et Daniella, un couple qui s'aime après plus de trente ans de
mariage, sont séparés pendant sept jours : elle est partie pour un
voyage en Afrique centrale rendre visite à son beau-frère Jérémie. Sept
jours de la fête juive d'Hannoukka, sept chapitres du livre, dans
lesquels alternent avec une parfaite régularité la voix de Yaari et
celle de Daniella. Le " feu amical ", ce sont les bougies de la fête,
les feux des campements de brousse en Afrique, mais aussi le " tir ami
" : le fils de Jérémie a été tué par le feu d'un autre soldat
israélien, et cette mort pèse sur tous les protagonistes du roman,
notamment sur son père qui, désespéré, veut se dissoudre dans une exil
volontaire. Et les autres nuages sont nombreux, qui s'amoncellent
autour de l'amour conjugal de Kaari et de Daniella : les difficiles
relations avec leur belle-fille, l'énigme des petits-enfants, le
contexte israélien d'incertitudes... On retrouve clans Un feu amical
toutes les qualités qui ont fait d'Avraham B. Yehoshua l'un des plus
grands auteurs israéliens : le souci des détails, les étincelles
d'humour, l'étrangeté de la réalité, le rôle des répétitions, des
résonances. Malgré une apparence plus simple, moins complexe, plus
quotidienne que dans ses précédents livres, Un feu amical est peut-être
son œuvre la plus achevée. | 

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| Le responsable des ressources humaines : passion en trois actes - Avraham B. Yehoshua Calmann-Lévy (2005) Un attentat suicide sur un marché de Jérusalem. Une femme est tuée,
anonyme. Sur la victime, un unique document : sa feuille de paie, qui
porte comme seule référence le nom d'une entreprise. À l'hôpital,
personne ne vient réclamer son corps. Un journaliste saute sur
l'occasion et tente de déclencher un scandale en dénonçant le " manque
d'humanité " de l'entreprise, qui ne s'est même pas inquiétée de
l'absence de son employée. Mais qui est donc cette inconnue ? Sur
l'ordre de son patron, c'est le jeune responsable des ressources
humaines qui se lance sur ses traces. Julia Ragaïev, une étrangère,
belle, a tout quitté pour vivre seule à Jérusalem ; ingénieure, elle
était pourtant employée de nuit au service de nettoyage. La mission du
DRH, qui doit rendre une identité à cette femme et lui permettre
d'avoir un enterrement digne, se transforme rapidement. Il ne s'agit
plus seulement de sauver la réputation de son entreprise. L'image de
cette femme s'insinue en lui et l'obsède jusqu'à ce qu'il puise au plus
profond de lui la force de vaincre la dureté de son propre cœur, et de
recommencer à vivre.
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